Attractions touristiques & Animaux – PART 1

DISCLAIMER: cet article n’a pas une vocation moralisatrice mais est fait pour vous informer. Je ne souhaite pas non plus vous faire culpabiliser si jamais vous avez pratiqué ces activités ou si vous comptez le faire. J’ai moi-même, par le passé, effectué quelques-unes de ces activités car j’ai été mal informée, voire pas du tout. Aujourd’hui j’ai mûri, j’ai appris de mes erreurs, et je souhaite faire des voyages plus responsables et par la même occasion partager ce que je sais avec vous. 

Pour la petite histoire, lors de mes nombreux voyages, j’ai pris connaissance de la multitude d’activités proposées impliquant des animaux. J’en ai pratiqué certaines sans vraiment voir où était le mal. Puis, dans ma vie quotidienne, j’ai beaucoup échangé avec des amies végétariennes/végétaliennes qui ont changé ma manière de voir les choses. J’ai changé ma manière de m’alimenter mais j’ai également réfléchi à la condition animale en général. J’en suis arrivée à me questionner sur les activités touristiques impliquant les animaux et je me suis rendue compte que j’avais été égoïste d’utiliser les animaux pour mon propre plaisir et divertissement. De plus, j’ai changé ma manière de voyager. Au début, lors de mes premiers voyages j’étais plus en mode touriste alors qu’aujourd’hui je me considère plus comme voyageuse. Je suis à la recherche de l’authenticité lors de mes voyages. Et en effet, il n’y a rien d’authentique dans le fait de domestiquer un animal sauvage et le rendre accessible à l’Homme. Les animaux sont des habitants à part entière de la Terre, et lors d’un voyage cela ne me viendrait pas à l’esprit de manquer de respect aux locaux alors pourquoi le faire avec les animaux habitant cet endroit. 

Les activités qui posent problème et pourquoi : 

BALADES A DOS D’ELEPHANT :

La technique de domestication des éléphants s’appelle Phajaan. Elle consiste à « briser son esprit ». Diverses vidéos sont disponibles. Pour se faire, un éléphanteau est capturé et est enfermé dans une cage durant plusieurs jours, ses membres sont attachés. Il est ainsi immobilisé et est battu par des hommes aux zones sensibles de son corps c’est-à-dire sa tête et ses oreilles où la peau est la moins épaisse. L’objet utilisé est un bullhook qui ressemble à un marteau à crochet. Il est gardé éveillé de force durant ces quelques jours, il est affamé et assoiffé. Cette torture dure le temps qu’il faut pour que le cornac (son maître) estime que l’esprit de l’animal est « brisé ». De cette technique découle une peur irréversible de l’éléphanteau envers l’Homme et une soumission totale. Le maître le testera et montera sur son dos pour voir sa réaction, si celui-ci se défend toujours, le processus de torture continuera jusqu’à temps qu’il soit prêt. Cette technique est si radicale que seule la moitié des éléphanteaux survit. Les survivants devront prêter leur dos aux touristes pour qu’ils puissent se balader. De plus, même si la carrure de l’éléphant est impressionnante et que son aspect le rend indestructible à nos yeux, cet animal ne peut pas porter plus de 150 kg. Les nacelles installées sur leur dos pour porter les touristes sont lourdes (100 kg), ajouté à cela le poids des touristes. J’ai également eu l’occasion de voir des éléphants qui étaient tellement exploités qu’ils commençaient à montrer des signes de souffrance mentale comme des stéréotypies (mouvements répétitifs).

BALADES A DOS DE CHEVAL : 

Même s’il ne suffit pas d’aller à l’autre bout du monde pour pratiquer cette activité, peu de personnes savent que la monte régulière d’un cheval provoque des souffrances physiques. Une étude a été réalisée dans des centres équestres français qui a montré que la majorité des chevaux souffrait de dorsalgies et de lombalgies chroniques (maux de dos). Ces douleurs peuvent rendre un cheval agressif. Même si la grande majorité des chevaux est choyée par leur cavalier en France cela n’est pas forcément le cas dans les autres pays. Prendre soin d’un cheval, ou tout autre animal, et subvenir à ses besoins ont un prix. Les personnes exploitant cet animal lors d’attraction touristique sont souvent dans le besoin et le bien-être de l’animal ne constitue pas une priorité

BALADES A DOS DE CHAMEAU :

Les séquelles physiques sont similaires à celles des chevaux. Parfois les chameaux sont contrôlés par des coups de crochets ou par des cordes qui passent directement par leur narine, ceci étant une procédure douloureuse. Leurs maîtres ne subviennent pas aux besoins de l’animal que ce soit en nourriture ou en eau. Même si les chameaux ont la capacité de rester plusieurs jours sans boire, ils sont souvent exploités dans des conditions extrêmes de température comme les balades de touristes dans le désert et ceci toute la journée et nécessitent donc une hydratation. Entre deux balades, les chameaux sont attachés, debouts en plein soleil.

• NOURRIR LES BEBES TIGRES :

Les tigreaux sont séparés de leur mère très jeunes pour être nourris au biberon par les touristes. Ils sont nourris tout au long de la journée, tant qu’il y aura des touristes qui auront payé pour l’activité. Cela s’apparente à du gavage jusqu’à les faire vomir.

• SPECTACLES DE CHARMEUR DE SERPENTS :

Différentes méthodes sont utilisées pour éviter les morsures venimeuses du cobra comme lui arracher ses dents et son crochet venimeux, entourer sa gueule d’un fil en plastique, coller sa gueule et laisser un tout petit espace pour laisser sortir sa langue et lui retirer ses glandes à venin. L’opération consistant à retirer ces glandes ne respectent ni le protocole opératoire ni les règles d’hygiène et cela favorise le développement des infections. Une fois le cobra domestiqué, il ne pourra plus s’alimenter de manière autonome.  

• ZOOS :

Les animaux mis en captivité ont été séparés de leur famille/groupe social et leur habitat naturel pour être transportés et emprisonnés derrière une vitre ou des barrières. Le manque de stimulation, le stress, la frustration de ne pas pouvoir adopter leur comportement naturel, leur confinement ont des conséquences sur leur santé mentale. Ils développent des comportements pathologiques comme les stéréotypies et l’automutilation. Ils sont privés de leur liberté les plus primitives qui sont de pouvoir s’alimenter eux-mêmes. En effet, leur repas, leur abondance, leur fréquence et leur horaire sont contrôlés par les employés du zoo. Ces animaux manquent d’exercice physique car ils sont enfermés dans des espaces restreints qui ne correspondent pas à leur habitat naturel.

• SE FAIRE PRENDRE EN PHOTO AVEC DES ANIMAUX SAUVAGES EN TOUT GENRE :

Lors de mon voyage aux Maldives, un ara restait sur l’île et pouvait être utilisé pour poser pour une photo. Pour que ce volatil reste sur l’île et ne puisse pas s’enfuir les plumes de ses ailes lui sont coupées. D’autres animaux sauvages sont utilisés pour poser avec des touristes comme des tigres, bébés crocodiles, koalas, tortues, dauphins, pitons, etc. Ces animaux sont enlevés de leur habitat naturel pour être gardés en captivité dans des conditions souvent non favorables. Concernant les tigres, cette activité est très réputée en Thaïlande. Ils y sont sédatés, leurs dents et leurs griffes sont mutilées pour les rendre moins dangereux en cas d’attaque. Les employés n’hésitent pas à les battre pour qu’ils prennent de belles poses pour les photos des touristes.

• SPECTACLES DE VOLATILS :

Les volatils sont dotés d’ailes par la nature mais sont enfermés dans des cages. Pour que ces animaux puissent réaliser des spectacles, il faut les éduquer et cela peut passer par la privation de nourriture, la punition et le renforcement négatif.  

• SPECTACLES D’ANIMAUX MARINS ET AQUARIUM :

Il s’agit de la même problématique que pour les zoos. Un orque vit dans un bassin alors que son habitat naturel représente des kilomètres d’océan. Ces orques sont capturés dès leur plus jeune âge et enlevés à leur mère. Les orques et dauphins sont des animaux d’un naturel très sociable et ici ils sont séparés de leur groupe pour être confinés dans des bassins. Ces deux animaux sont dotés de capacités d’écholocalisation (procédé qui consiste à envoyer des sons et à écouter leur écho pour localiser et identifier les éléments d’un environnement), ainsi dans les bassins, les réverbérations de leurs propres sonars rebondissent sur les parois, ce qui portent atteinte à leur intégrité psychologique.

• CORRIDA :

J’imagine que tout le monde voit à peu près à quoi correspond cette activité. Il s’agit d’un affrontement entre un taureau et des hommes provoquant la mort de l’animal de manière lente et douloureuse due aux hémorragies provoquées par les nombreux coups de lances/épée. Certains me diront que cette activité n’est pas qu’à visée touristique mais fait partie de la culture et des traditions du pays. Ceci est un autre débat. Cependant, selon moi, la culture et les traditions ne justifient pas la cruauté. En 2015, des étudiants mexicains ont voulu prouver qu’un taureau lâché dans une arène ne cherchait pas à attaquer mais qu’il était seulement attiré par le mouvement (personne ou cape). Pour l’expérience, un jeune taureau a été lâché au milieu de 40 étudiants alignés et immobiles. Le taureau passe entre les personnes sans les attaquer. L’animal court dans l’arène cherchant plutôt à s’échapper. La vidéo de cette expérience est disponible.

• COMBAT DE COQS :

J’ai pris connaissance de cette activité lorsque j’ai vécu en Martinique il y a quelques années. Le principe est de faire s’affronter deux coqs domestiques préparés aux combats dans un endroit appelé gallodrome. Le combat est pratiqué soit avec un ergot artificiel en métal (ergot : petit éperon osseux des pattes des coqs), soit une lame, afin qu’ils s’entretuent. Le public peut faire des paris sur le gagnant. Cette pratique nécessite une préparation physique du coq comme de la course, des exercices de musculation et des combats d’entrainement. Les coqs sont placés dans des enclos séparés, ce qui est contre nature pour cet animal qui vit normalement en communauté. Cela crée un stress chez l’animal et devient méfiant envers les autres coqs et peut donc attaquer.

• FISH PEDICURE :

Les poissons du spa y sont acheminés dans des sacs plastiques remplis d’eau, ainsi seule la moitié de l’effectif survie au voyage. Ces poissons ne mangent pas naturellement les peaux mortes des pieds des hommes mais sont affamés de façon à ce qu’ils mangent ce qu’ils ont à leur disposition. (Dans cet article je ne parle que du versant animal, mais vous devriez également vous en abstenir car les bacs ne sont pas désinfectés entre deux clients, les poissons peuvent créer des microlésions sur vos pieds et ainsi transmettre des germes par l’eau des bacs).   

Il y a sans doute plein d’autres activités mais j’ai cité ici que celles qui m’ont été proposées et quelques-unes que j’ai malheureusement faites il y a maintenant un moment.

Je ne peux malheureusement pas traiter du sujet entièrement en un article.

Bien sûr, tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Parmi les activités qui posent problème que j’ai cité plus haut, certaines permettent tout de même de protéger certains animaux en voie d’extinction ou les sauver du braconnage. J’en parlerai peut-être dans les articles prochains, si ça vous intéresse n’hésitez pas à me le dire !

Je n’ai également pas développé ici le fait que ces activités permettent malgré tout à certains hommes dans le besoin de gagner leur vie et que les raisons peuvent être purement économiques et pas forcément de créer un bénéfice sur la maltraitance animale.

Pour finir, je ne nie pas non plus que l’utilisation des animaux a permis le progrès et l’évolution de notre espèce notamment dans l’agriculture. Ici, je développe seulement l’utilisation de l’animal comme divertissement.

En utilisant les animaux pour notre propre plaisir, on ne les considère pas comme des êtres sensibles capables d’empathie. Les animaux ne nous doivent rien, ils ne sont pas à notre service pour notre locomotion ou notre divertissement. Ils naissent avec une liberté qu’on leur enlève lorsqu’ils sont mis en captivité. Le déclic peut prendre du temps pour certaines personnes et il ne faut pas les juger. La sensibilité de chacun est différente et on n’est pas tous réceptifs de la même manière à ce sujet. La société nous apprend tout petit que les animaux sont là pour notre divertissement que ce soit les zoos ou les cirques et qu’il est normal que des animaux se donnent en spectacle derrière une vitre ou des barrières. Même au sein d’une même famille ou du groupe avec qui on voyage, la sensibilité n’est pas la même, ce qui est d’ailleurs mon cas avec ma famille par exemple. Le but n’est pas d’entrer en conflit avec les membres de sa famille et gâcher les vacances de tout le monde non plus. Il faut apprendre à être patient et ne pas se révolter même si les raisons pour lesquelles il ne faudrait pas faire ces activités nous paraissent évidentes. 

Rédiger cet article m’a vraiment tenu à cœur car je sais que parmi vous beaucoup aiment les animaux et que si malheureusement vous faites ces activités c’est certainement par manque d’information et non pas de manière intentionnelle. Si ces activités sont toujours proposées c’est pour répondre à une demande. Vous avez le pouvoir de changer les choses en refusant d’y participer. Ne vous dites pas que c’est perdu d’avance et que vous et votre groupe d’amis en moins ne fera pas la différence, au contraire. Faites les choses par conviction et à vous de vous poser les bonnes questions…

Voici quelques vidéos intéressantes sur le sujet :

• L’exploitation des animaux : le plaisir égoïste

Si tout mon bla bla vous a assommé, s’il y a une vidéo que je vous conseille vraiment de regarder c’est bien celle-ci :

• Le selfie tigre fait scandale en Thaïlande :

• Des éléphants torturés pour le plaisir des touristes :

• Captivité : les animaux atteints de zoochose :

SOURCES :

https://www.petafrance.com/nos-campagnes/divertissement/

https://fr.worldanimalprotection.ca/

http://turismo-responsable.com/

« Stress et bien-être chez le cheval : facteurs d’influence et liens avec la relation à l’homme : thèse de Clémence LESIMPLE, une doctorante en biologie de l’université de Rennes

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